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Boxe féminine : histoire, championnes et comment débuter

Boxe féminine : autorisée en France en 1998, sacrée à Rio avec Estelle Mossely. Les grandes boxeuses, quelle boxe choisir et comment s'équiper pour débuter.

Des femmes s'entraînent à la boxe sur un toit-terrasse, photographie de 1938
Photo : auteur inconnu (domaine public), via Wikimedia Commons. Image retouchée (trame de journal). Source

La boxe féminine suit les mêmes règles que celle des hommes, mais elle n’a qu’une trentaine d’années d’existence officielle en France. Autorisée en 1998, absente des Jeux olympiques jusqu’en 2012, elle décroche son premier titre olympique français à Rio en 2016. Aujourd’hui, beaucoup de salles proposent des créneaux pour les femmes. Voici les étapes qui ont compté, les boxeuses à connaître, et comment te lancer.

À retenir

  • Autorisée en France en 1998, olympique depuis Londres 2012, à parité avec les hommes à Paris 2024.
  • Estelle Mossely est la première championne olympique française de boxe (Rio 2016).
  • Boxe anglaise, française, kick-boxing, boxe thaï ou cardio-boxe : toutes sont ouvertes aux débutantes.
  • Pour débuter, un cours d’essai, des bandes, un protège-dents et une brassière de sport bien maintenue suffisent.

Les dates clés en un coup d’œil

AnnéeÉtape
1998La boxe féminine est autorisée en France
2001Premiers championnats du monde amateurs féminins, à Scranton (États-Unis)
2002Myriam Lamare championne du monde amateur des 63,5 kg à Antalya
2008Sarah Ourahmoune championne du monde amateur des 48 kg à Ningbo
2012Entrée aux Jeux olympiques à Londres, avec trois catégories
2016À Rio, Estelle Mossely en or, Sarah Ourahmoune en argent
2024Six catégories féminines à Paris, autant de places que chez les hommes

1998 : le droit de monter sur le ring

Jusqu’à la fin des années 1990, une femme ne pouvait pas disputer de combat officiel de boxe anglaise en France. L’autorisation arrive en 1998. Les pionnières n’attendent pas : certaines s’entraînaient déjà depuis plusieurs années, et commencent la compétition dès l’ouverture, face à un public pas toujours bienveillant.

Sarah Ourahmoune fait partie de cette première génération. Entrée en salle adolescente, au milieu des années 1990, elle dispute ses premiers combats officiels en 1998, malgré les railleries d’une partie des spectateurs.

Les premiers titres mondiaux

Les championnats du monde amateurs féminins naissent en 2001, à Scranton, aux États-Unis : 125 boxeuses de 30 pays s’y affrontent dans 12 catégories de poids. Les Françaises s’y font vite une place.

  • Myriam Lamare prend l’argent dès la première édition, en 2001, puis l’or des 63,5 kg à Antalya, en Turquie, en 2002.
  • Sarah Ourahmoune devient championne du monde amateur en 2008, à Ningbo, en Chine, dans la catégorie des 48 kg.

Ces titres comptent, mais ils restent peu visibles : sans les Jeux olympiques, la boxe féminine n’a pas encore la vitrine qui fait connaître un sport au grand public.

Londres 2012 : l’entrée aux Jeux, sans Française

La boxe féminine entre au programme olympique aux Jeux de Londres, en 2012. Trois catégories seulement sont ouvertes : 51 kg, 60 kg et 75 kg. Les trois premières championnes olympiques de l’histoire sont la Britannique Nicola Adams (51 kg), l’Irlandaise Katie Taylor (60 kg) et l’Américaine Claressa Shields (75 kg).

Aucune Française n’est du voyage. Sarah Ourahmoune, Estelle Mossely et leurs coéquipières échouent à se qualifier lors des championnats du monde de 2012, qui servent de tournoi de qualification. Ourahmoune fait ensuite une pause pour une maternité, avant de revenir sur le ring en 2014 avec Rio en ligne de mire.

Rio 2016 : l’or et l’argent

Les Jeux de Rio, en 2016, marquent le vrai tournant pour la boxe féminine française.

  • Sarah Ourahmoune devient la première Française à boxer aux Jeux olympiques. Elle va jusqu’en finale des 51 kg (poids mouche) et repart avec la médaille d’argent.
  • Estelle Mossely, championne du monde au Kazakhstan quelques mois plus tôt, s’impose en demi-finale face à la Russe Anastasia Beliakova, puis bat la Chinoise Yin Junhua en finale des 60 kg, le 19 août 2016, sur décision partagée. C’est le premier titre olympique de l’histoire de la boxe féminine française, et le premier or olympique de la boxe française depuis Brahim Asloum, à Sydney en 2000.

À Rio, Nicola Adams et Claressa Shields conservent leur titre de Londres : ce sont les deux premières boxeuses doublement championnes olympiques.

Après Rio : plus de catégories, puis la parité

Le nombre de catégories féminines augmente à chaque olympiade : cinq à Tokyo, puis six à Paris en 2024 (50, 54, 57, 60, 66 et 75 kg). À Paris, pour la première fois, les places de qualification sont réparties à égalité entre hommes et femmes : la moitié des 248 boxeurs qualifiés sont des boxeuses. Le tournoi se dispute à Villepinte, puis à Roland-Garros pour les finales.

Les boxeuses françaises à connaître

  • Estelle Mossely : championne du monde amateur et championne olympique des 60 kg en 2016.
  • Sarah Ourahmoune : championne du monde amateur des 48 kg en 2008, vice-championne olympique des 51 kg en 2016.
  • Myriam Lamare : championne du monde amateur en 2002, puis championne du monde chez les professionnelles.
  • Anne-Sophie Mathis : championne du monde professionnelle, dans plusieurs catégories.

Le cinéma a aussi contribué à faire connaître la discipline, de Girlfight (2000) à Million Dollar Baby (2004), qui a valu l’Oscar de la meilleure actrice à Hilary Swank, en passant par le film français Dans les cordes (2006).

Quelle boxe choisir quand on débute

Toutes les boxes sont ouvertes aux femmes. Le choix dépend de ce que tu cherches.

DisciplineCe qu’on utilisePour qui
Boxe anglaiseLes poings uniquementTechnique, cardio, la plus répandue en club
Boxe française (savate)Poings et piedsCoordination, souplesse
Kick-boxingPoings, pieds et tibiasPieds-poings plus direct
Boxe thaïPoings, pieds, coudes et genouxEntraînement très intense
Cardio-boxeLes gestes, sans combatForme physique, sans opposition

Si tu hésites entre plusieurs disciplines, notre guide pour savoir par où commencer entre boxe, muay thaï et MMA les compare en détail.

Côté bienfaits, la boxe sollicite tout le corps : bras, épaules, gainage, jambes. C’est un travail cardio intense, et beaucoup de pratiquantes y trouvent un bon exutoire au stress et un gain de confiance en soi au fil des séances. Le combat n’est pas obligatoire : en loisir, l’essentiel des séances se passe au sac, aux pattes d’ours et en shadow, et l’opposition arrive plus tard, avec un encadrement.

S’équiper pour débuter

Pas besoin de tout acheter avant le premier cours : beaucoup de clubs prêtent des gants pour les premières séances.

  • Des bandes : elles protègent les poignets et les articulations des doigts. Voir notre guide des bandes de boxe.
  • Des gants : quand tu achètes les tiens, choisis la taille en onces selon ton poids et ta pratique, avec notre guide des gants de boxe et leur taille en onces.
  • Un protège-dents : indispensable dès qu’il y a de l’opposition. Notre guide du protège-dents de boxe explique comment le choisir et le mouler.
  • Une brassière de sport à bon maintien, et une tenue qui laisse les jambes libres. Des protège-poitrine existent pour le sparring.

Ce qui diffère encore entre hommes et femmes

En amateur, les femmes boxent selon les mêmes règles que les hommes, avec des catégories de poids qui leur sont propres. En professionnel, une différence demeure : un championnat du monde féminin se dispute en général sur dix rounds de deux minutes, contre trois minutes chez les hommes. Les instances qui défendent cette règle avancent des raisons médicales. Une partie des boxeuses et des promoteurs la contestent, en rappelant que les amatrices boxent déjà trois minutes par round. Pour le détail du déroulé d’un combat, voir les règles de la boxe anglaise.

Informations vérifiées le 27 octobre 2026.

Questions fréquentes

Quel type de boxe choisir quand on est une femme ?

Toutes les boxes sont ouvertes aux femmes. La boxe anglaise n'utilise que les poings, la boxe française et le kick-boxing ajoutent les pieds, la boxe thaï les coudes et les genoux. Le cardio-boxe garde les gestes sans combat. Le plus sûr est de tester un cours d'essai dans deux ou trois salles.

Qui est une boxeuse française célèbre ?

Estelle Mossely, championne olympique en 2016, et Sarah Ourahmoune, vice-championne olympique la même année, sont les plus connues. Myriam Lamare et Anne-Sophie Mathis ont été championnes du monde chez les professionnelles.

Depuis quand la boxe féminine est-elle autorisée en France ?

Depuis 1998. Avant cette date, les femmes ne pouvaient pas disputer de combats officiels de boxe anglaise en France. Les premières compétitrices, comme Sarah Ourahmoune, ont commencé à combattre cette année-là.

Depuis quand la boxe féminine est-elle aux Jeux olympiques ?

Depuis les Jeux de Londres en 2012, avec trois catégories : 51, 60 et 75 kg. Il y en avait cinq à Tokyo, puis six à Paris en 2024, où le nombre de places était pour la première fois le même pour les hommes et pour les femmes.

Quels sont les bienfaits de la boxe pour une femme ?

Les mêmes que pour un homme : un travail cardio intense, un renforcement de tout le corps, et un exutoire au stress. Beaucoup de pratiquantes citent aussi la confiance en soi gagnée au fil des séances.

Les femmes boxent-elles des rounds de trois minutes ?

En amateur, oui, comme les hommes. En professionnel, la norme reste en général dix rounds de deux minutes pour un titre mondial. Cette différence est contestée par une partie des boxeuses et des promoteurs.